Comment réagit la société civile quand elle est confrontée à la barbarie ? S’appuyant sur les récentes recherches d’historiens, "La Résistance" jette un regard neuf sur la France des années 40/44. Une collection qui raconte autrement l’histoire de ces anonymes qui ont combattu Vichy et les nazis dès juin 1940, et qui retrace le destin méconnu de ceux qui ont risqué leur vie pour sauver les Juifs.
LE PROJET
A la télévision comme au cinéma, la Résistance est bien souvent abordée sous l’angle de monographies de personnalités : Jean Moulin, Lucie et Raymond Aubrac, Oscar Schindler...
Avec La Résistance, Christophe Nick et Andrew Bampfield proposent une lecture inédite de cette période, montrant et démontrant qu’il s’agit d’un mouvement profond, large, qui a mobilisé des centaines de milliers de personnes et a coûté la vie à plus de cent mille d’entre elles. Les travaux les plus récents des spécialistes prouvent que, face au totalitarisme le plus violent, la Résistance fut l’aboutissement d’une multitude d’attitudes, comme l’explique l’historien Olivier Wieviorka: "Une partie des Français a essayé, avec ses moyens, de résister à sa manière à des choses qui lui semblaient insupportables. Cela démontre qu’entre la vision de 1944 du gaullisme triomphant, d’un peuple tout entier dans la Résistance, et la vision plus noire des années 70, d’un peuple veule et collabo, il y a un entre-deux qui intéresse de plus en plus les historiens. On sort de la polarité qui jusqu’alors servait de sésame pour comprendre la période, avec d’une part des collabos et de l’autre des résistants."
C’est toute une collection que France Télévisions consacre à ce thème, avec près de sept heures de programmes au total : deux documentaires-fictions de 90 minutes diffusés sur France 2 et quatre documentaires de 52 minutes diffusés sur France 5. L’ensemble aborde la Résistance sous deux angles : la résistance à l’occupation et la résistance face à la Shoah.
Les deux documentaires-fictions, diffusés sur France 2, adoptent un langage nouveau, une réalisation qui mêle images d’époque et reconstitutions dans une fluidité narrative originale. Ils reposent à la fois sur l’exploitation des archives, publiques ou privées, et sur des récits rigoureux, ne rapportant que des faits authentiques. Les scènes jouées par des comédiens permettent de montrer notamment les mécanismes du passage à l’acte, la vie quotidienne des résistants, les réunions clandestines et les rencontres historiques... Chacun de ces deux documentaires-fictions a une thématique et une histoire propres. Ils sont autonomes, mais proposent, ensemble, de répondre aux questions essentielles.
Les quatre documentaires proposés par France 5 sont découpés de façon thématique. Faisant appel aux plus grands historiens de la période, ils permettent une approche novatrice de la Résistance. Ces entretiens constituent la colonne vertébrale autour de laquelle s’articulent archives et reconstitutions. Le croisement des interviews, la juxtaposition des points de vue apportent à cette collection richesse et unité. Une interaction inhérente à la complexité de la Résistance.
Cette diffusion événement est complétée d’une sortie DVD et d’un site Internet, développé conjointement par france2.fr et france5.fr. Ce site propose des témoignages vidéo de résistants, des bonus sur le tournage de la série, des rappels historiques et un espace de débat ouvert aux internautes.
1940. Alors que les Allemands s'installent en France et que Pétain signe l'Armistice, une partie de la société civile française s'oppose avec les faibles moyens dont elle dispose. Elle multiplie les actes d'insoumission et de sabotage. Mais à partir de quand peut-on les qualifier d'actes de résistance?
RESUME
L’occupation de la France était détestée. La collaboration était haïe. Dès décembre 40, le SS Knochen, chargé des questions de sécurité pour Berlin à Paris, sentait que la France grondait, qu’il fallait traquer les premiers résistants sans quoi une résistance organisée allait prendre forme. Knochen fut le premier à détecter ce que Vichy et Pétain comprirent moins d’un an après la défaite, au printemps 41 : « un vent mauvais » soufflait sur la France.
La résistance n’existait pas encore, et pourtant, dans tout le pays, les manifestations de colère éclataient : grèves, sabotages, manifestations patriotiques, journaux clandestins, réseaux d’évasion pour prisonniers de guerre... Un homme va réussir à coordonner ces formes de contestation sans cohérence ni stratégie, totalement improvisées et souvent politiquement confuses : Jean Moulin. Pour lui, la question n’est pas "combien de gens peuvent résister ?", il les sait innombrables, mais "comment rendre efficace cette résistance ?" C’est lui qui, à l’automne 41, convainc le Général de Gaulle de devenir le chef de cette résistance civile, alors que, de Londres, le premier des résistants pensait que la bataille se jouait en Angleterre, aux côtés des Alliés.
Petit à petit, la colère de cette société civile va s’incarner dans ces réseaux et mouvements clandestins. En s’unifiant et se coordonnant, ils génèrent à leur tour des formes d’action adaptées à la lutte contre une armée d’occupation et un régime de collaboration : groupes armés, espionnage, propagande, sauvetage des persécutés, maquis. De leur fédération naîtra une réflexion commune sur les valeurs d’une France redevenue libre. Ce sont ces valeurs qui, depuis le début 43, régénèrent les Français, évitent au pays une guerre civile et permettent à tous ceux qui peuvent se battre de devenir acteur de la libération de la Nation.
LISTE ARTISTIQUE
Un film de Christophe NICK, Félix OLIVIER et Patricia BODET Auteurs : Andrew BAMPFIELD et Christophe NICK avec la collaboration de Pierre PEAN Réalisateur : Félix OLIVIER Producteurs : Emmanuel GIRAUD et Christophe NICK Consultants historiques : Pierre LABORIE, Jacques SEMELIN avec l’aimable participation de Denis PESCHANSKI, Serge KLARSFED, Sabine JANSEN et Lucien LAZARE Commentaires : Emmanuel BLANCHARD Avec la voix deTcheky KARYO Musique originale : Loïk DURY et Serge FEYS Journaliste : Vanessa RATIGNIER Chef opérateur : Lubomir BAKCHEV 1er assistant réalisateur : Marion LALLIER Documentalistes : Christine LOISEAU et Anne CONNAN Ingénieur du son : Jérôme AYASSE Chef décorateur : Sébastian BIRCHLER Création des costumes : Cyril FONTAINE Casting : Christophe MOULIN Coiffure : Christian GRUAU Maquillage : Laurent ZUPAN Directeur de production : François DROUOT Régisseuse générale : Karine RAPHAËL Montage : Elke HARTMANN, Claudio HUGUES, Samuel LAJUS et Yen LE VAN Montage archives : Christophe BOUQUET Montage son : Serge ROUQUAYROL et Géraldine FALIEU Mixage : Ludovic ESCALIER
La Résistance
"Quand il fallait sauver les Juifs"
Diffusé le 19 février 2008 sur France 2
PITCH
La traque des Juifs par les nazis et le régime de Vichy, et la course contre la mort de ceux qui ont tout fait pour les sauver. Comment convaincre une famille prise au piège de confier son enfant à une association, à des voisins? Lui dire qu'on pouvait sauver son petit, c'était aussi lui annoncer sa propre mort...
RESUME
D’un côté, il y a des organisations issues des communautés juives. De l’autre, des associations caritatives de la société civile. Toutes se retrouvent confrontées à deux barbaries antisémites, dès les premiers jours de l’occupation : celle des nazis, celle de Vichy. Une dizaine d’organisations juives d’assistance se coordonnent secrètement dès le 15 juin 1940, à Paris, en zone occupée. Une vingtaine d’associations caritatives, protestantes et juives, se réunissent dans un comité à Nîmes en zone non occupée à partir de novembre 40. Chacune d’elles, avec ses leaders charismatiques, se retrouve en première ligne, dans les camps d’internement, les orphelinats, les soupes populaires, pour prendre en charge les persécutés. Elles sont entraînées dans une course contre la mort qui, petit à petit, les oblige à convaincre les forces morales du pays à pratiquer des activités illégales, à entrer en résistance.
Quand les nazis décident de la solution finale, l’Etat français accepte d’être complice de la Shoah. Les rafles de l’été 42 condamnent à mort plus de 23 000 juifs en quelques jours. Le choc dans l’opinion est tel qu’une partie de l’église catholique, poussée par les activistes, sort du silence et peu à peu en appelle au devoir de solidarité de l’ensemble de la société. Les associations aident alors des dizaines de milliers de Juifs à se fondre dans la société civile française, malgré la chasse aux Juifs lancée par les nazis et Vichy. Les enfants sont la priorité absolue. Une gigantesque entreprise de camouflage commence.
76 000 Juifs de France vont disparaître dans la Shoah. Mais grâce à cette mobilisation, et d’abord à celle des Juifs eux-mêmes, 250 000, soit les trois quarts des Juifs résidant en France, vont y échapper. Cette forme de résistance,méconnue, est pour la première fois présentée dans sa globalité.
LISTE ARTISTIQUE
Un film de Christophe NICK, Félix OLIVIER et Patricia BODET Auteurs : Andrew BAMPFIELD et Christophe NICK avec la collaboration de Pierre PEAN Réalisateur : Félix OLIVIER Producteurs : Emmanuel GIRAUD et Christophe NICK Consultants historiques : Pierre LABORIE, Jacques SEMELIN avec l’aimable participation de Denis PESCHANSKI, Serge KLARSFED, Sabine JANSEN et Lucien LAZARE Commentaires : Emmanuel BLANCHARD Avec la voix deTcheky KARYO Musique originale : Loïk DURY et Serge FEYS Journaliste : Vanessa RATIGNIER Chef opérateur : Lubomir BAKCHEV 1er assistant réalisateur : Marion LALLIER Documentalistes : Christine LOISEAU et Anne CONNAN Ingénieur du son : Jérôme AYASSE Chef décorateur : Sébastian BIRCHLER Création des costumes : Cyril FONTAINE Casting : Christophe MOULIN Coiffure : Christian GRUAU Maquillage : Laurent ZUPAN Directeur de production : François DROUOT Régisseuse générale : Karine RAPHAËL Montage : Elke HARTMANN, Claudio HUGUES, Samuel LAJUS et Yen LE VAN Montage archives : Christophe BOUQUET Montage son : Serge ROUQUAYROL et Géraldine FALIEU Mixage : Ludovic ESCALIER
La Résistance
"Le sourd grondement d'un peuple"
Diffusé le 22 février 2008 sur France 5
PITCH
Comment les individus réagissent face à l’Occupation ? Pourquoi et comment des individus basculent dans la Résistance ?
RESUME
Comment les sociétés civiles réagissent-elles lorsqu’elles sont confrontées aux violences les plus extrêmes, au totalitarisme? Occupation militaire, barbarie, crimes de masse sont destinés à écraser les individus, à briser les solidarités. Loin de se soumettre, nombre de ces sociétés développent des mouvements d’entraide, de résistance qui, parfois, parviennent à libérer les individus de l’oppression qu’ils subissent.
Comment est apparue la Résistance? Comment, en partant d’une hostilité sourde d’un pays à l’occupant et à la collaboration, se sont formées des organisations clandestines qui, peu à peu, ont incarné la véritable légitimité nationale?
Du discours de Pétain en juin 1940 jusqu’au défilé des maquisards de l’Ain à Oyonnax en novembre 1943, en passant par la "flamme de la Résistance" allumée à Londres par de Gaulle et le rôle de Jean Moulin, cet épisode évoque le "bricolage" des premiers actes de résistance, la naissance des journaux clandestins, les sabotages, les assassinats d’officiers allemands et les condamnations à mort arbitraires qui ont suivi, l’instauration du STO, les déportés politiques...
Les historiens reviennent sur la volonté de révolte, le réflexe d’action qui anime les populations, l’émergence d’un front spontané du refus, la multiplication de petits gestes et les mécanismes par lesquels les civils entrent en dissidence, puis basculent dans la Résistance.
"J’essaie de comprendre pourquoi et comment des individus, à un moment donné, se sont engagés dans ce qu’on appelle aujourd’hui la Résistance. Pourquoi d’autres ne l’ont pas fait? (...) Je fais preuve d’une grande humilité, en tant qu’historien, devant le mystère de la décision, de l’engrenage vers la Résistance."
Jacques Semelin, Directeur de recherches CERI-CNRS.
"Pour quelques individus, on peut considérer l’entrée en résistance comme l’apogée de quelques actes individuels, qui sont des actes non réfléchis, des actes instinctifs de solidarité, de générosité, de sympathie. (...) Au début, il fallait inventer quelque chose (...), apprendre comment résister. Il n’y avait pas de manuel du bon résistant."
Julian Jackson, Professeur à Queen Mary, Université de Londres.
LISTE ARTISTIQUE
Auteur : Christophe NICK Réalisateurs : Christophe NICK et Patricia BODET Producteurs : Emmanuel GIRAUD et Christophe NICK Consultants historiques : Pierre LABORIE, Jacques SEMELIN avec l’aimable participation de Denis PESCHANSKI et Serge KLARSFELD Chef opérateur : Christophe MICHELET Ingénieurs du son : Julien CHAUMAT et Michel ADAMIK Montage : Claude TRINQUESSE Montage archives : Christophe BOUQUET Documentalistes : Christine LOISEAU et Anne CONNAN Directeur de production : François DROUOT
La Résistance
"La lutte armée"
Diffusé le 29 février 2008 sur France 5
PITCH
La traque des Juifs par les nazis et le régime de Vichy, et la course contre la mort de ceux qui ont tout fait pour les sauver. Comment convaincre une famille prise au piège de confier son enfant à une association, à des voisins? Lui dire qu'on pouvait sauver son petit, c'était aussi lui annoncer sa propre mort...
RESUME
D’un côté, il y a des organisations issues des communautés juives. De l’autre, des associations caritatives de la société civile. Toutes se retrouvent confrontées à deux barbaries antisémites, dès les premiers jours de l’occupation : celle des nazis, celle de Vichy. Une dizaine d’organisations juives d’assistance se coordonnent secrètement dès le 15 juin 1940, à Paris, en zone occupée. Une vingtaine d’associations caritatives, protestantes et juives, se réunissent dans un comité à Nîmes en zone non occupée à partir de novembre 40. Chacune d’elles, avec ses leaders charismatiques, se retrouve en première ligne, dans les camps d’internement, les orphelinats, les soupes populaires, pour prendre en charge les persécutés. Elles sont entraînées dans une course contre la mort qui, petit à petit, les oblige à convaincre les forces morales du pays à pratiquer des activités illégales, à entrer en résistance.
Quand les nazis décident de la solution finale, l’Etat français accepte d’être complice de la Shoah. Les rafles de l’été 42 condamnent à mort plus de 23 000 juifs en quelques jours. Le choc dans l’opinion est tel qu’une partie de l’église catholique, poussée par les activistes, sort du silence et peu à peu en appelle au devoir de solidarité de l’ensemble de la société. Les associations aident alors des dizaines de milliers de Juifs à se fondre dans la société civile française, malgré la chasse aux Juifs lancée par les nazis et Vichy. Les enfants sont la priorité absolue. Une gigantesque entreprise de camouflage commence.
76 000 Juifs de France vont disparaître dans la Shoah. Mais grâce à cette mobilisation, et d’abord à celle des Juifs eux-mêmes, 250 000, soit les trois quarts des Juifs résidant en France, vont y échapper. Cette forme de résistance,méconnue, est pour la première fois présentée dans sa globalité.
LISTE ARTISTIQUE
Un film de Christophe NICK, Félix OLIVIER et Patricia BODET Auteurs : Andrew BAMPFIELD et Christophe NICK avec la collaboration de Pierre PEAN Réalisateur : Félix OLIVIER Producteurs : Emmanuel GIRAUD et Christophe NICK Consultants historiques : Pierre LABORIE, Jacques SEMELIN avec l’aimable participation de Denis PESCHANSKI, Serge KLARSFED, Sabine JANSEN et Lucien LAZARE Commentaires : Emmanuel BLANCHARD Avec la voix deTcheky KARYO Musique originale : Loïk DURY et Serge FEYS Journaliste : Vanessa RATIGNIER Chef opérateur : Lubomir BAKCHEV 1er assistant réalisateur : Marion LALLIER Documentalistes : Christine LOISEAU et Anne CONNAN Ingénieur du son : Jérôme AYASSE Chef décorateur : Sébastian BIRCHLER Création des costumes : Cyril FONTAINE Casting : Christophe MOULIN Coiffure : Christian GRUAU Maquillage : Laurent ZUPAN Directeur de production : François DROUOT Régisseuse générale : Karine RAPHAËL Montage : Elke HARTMANN, Claudio HUGUES, Samuel LAJUS et Yen LE VAN Montage archives : Christophe BOUQUET Montage son : Serge ROUQUAYROL et Géraldine FALIEU Mixage : Ludovic ESCALIER
La Résistance
"Victimes contre bourreaux"
Diffusé le 7 mars 2008 sur France 5
PITCH
La résistance des organisations juives Françaises face aux nazis et à Vichy, qui passent progressivement à des formes de lutte de plus en plus radicale.
RESUME
Les communautés juives vivant en France ne se sont pas laissé faire, contrairement à ce que beaucoup croient. Si les trois quarts des Juifs ont échappé à la déportation, c’est d’abord parce qu’ils ont résisté. Dès l’arrivée des nazis à Paris, le 14 juin 1940, une coordination secrète d’œuvres caritatives juives se met en place sous le nom de comité Amelot. Au début, ses animateurs souhaitent tout simplement venir en aide aux populations persécutées. Ils vont très vite affronter les SS, les rafles, la ségrégation et la spoliation. Leur attitude, « le refus d’obéissance », va petit à petit gagner une grande partie des organisations juives de France. Des manifestations devant les camps d’internement de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande à la coordination avec les déportés de Drancy, de la fabrique de faux papiers à la création de filières de camouflage et de réseaux de sauvetage, c’est l’improvisation dans l’urgence de la résistance des victimes à leurs bourreaux.
Les historiens décrivent les mécanismes de la solution finale en France et comment les organisations juives y ont fait face, le passage à des formes de lutte de plus en plus radicales, clandestines et illégales. L’impact des rafles de l’été 1942 sur la société civile française modifie en profondeur l’attitude de l’ensemble du corps social.Les organisations juives peuvent désormais utiliser le tissu social de la France profonde pour sauver les Juifs.
"La politique nazie se caractérise par la volonté de toujours faire prendre en charge par les victimes leur situation de victimes (...). Les associations qui ont pris conscience de ce piège-là sont allées au-delà de l’assistance et ont mené une action de résistance, de sauvetage."
Denis Peschanski, directeur de recherches au CNRS.
"Le but des Allemands est à la fois de repérer les communautés juives et de couper les liens de ces communautés avec la société civile non juive. De ce point de vue-là, ils n’y parviennent pas. Et si les trois quarts des Juifs de France ont été sauvés, c’est grâce aux liens préservés avec la société civile non juive ."
Michel Laffitte, chercheur associé au CNRS-IRICE.
LISTE ARTISTIQUE
Auteur : Christophe NICK Réalisateurs : Christophe NICK et Patricia BODET Producteurs : Emmanuel GIRAUD et Christophe NICK Consultants historiques : Pierre LABORIE, Jacques SEMELIN avec l’aimable participation de Denis PESCHANSKI et Serge KLARSFELD Chef opérateur : Christophe MICHELET Ingénieurs du son : Julien CHAUMAT et Michel ADAMIK Montage : Claude TRINQUESSE Montage archives : Christophe BOUQUET Documentalistes : Christine LOISEAU et Anne CONNAN Directeur de production : François DROUOT
La Résistance
"Face à la déportation des Juifs"
Diffusé le 14 mars 2008 sur France 5
PITCH
La mobilisation des associations d'entraide pour venir en aide aux proscrits de Vichy enfermés dans les camps d'internement, et mettre en place des filières de sauvetage et d'évasion des Juifs s'appuyant sur la société civile française.
RESUME
Eté 1942. En Europe, les rafles de Juifs se multiplient. Mais, en France, apparaît une résistance face aux persécutions antisémites. 320 000Juifs vivaient dans l’Hexagone en 1940. 76 000 ont été déportés. Comment les trois quarts ont-ils échappé à la mort ? C’est ce mécanisme que décryptent ici des historiens spécialistes de l’Occupation. Images d’archives et de fiction à l’appui, ce film revient sur une facette méconnue de la Résistance : le sauvetage des Juifs.
En septembre 1939, la solution finale n’est pas encore pensée, mais certains éléments dessinent la prochaine tragédie. Persécutés, les Juifs d’Allemagne fuient vers l’Ouest. Personne ne tient alors compte de leur drame. Pris au cœur d’importantes vagues d’immigration, ils sont parqués en France dans des camps d’internement auprès de républicains espagnols et d’Italiens fuyant les régimes de Franco et de Mussolini. Après l’armistice, des associations caritatives, dont la Cimade (Comité Inter-Mouvements Auprès Des Evacués) et l’OSE (Œuvre de Secours aux Enfants) découvrent l’existence de cette quarantaine de camps que Vichy garde secrets. 40 000 personnes y sont entassées.
Ces effectifs vont doubler à la suite des lois antisémites d’octobre 1940. C’est la chasse aux Juifs étrangers. Pour endiguer la surmortalité qui règne au cœur des camps, des personnes comme le Dr Joseph Weil, de l’OSE, ou Madeleine Barot, de la Cimade, y installent leurs propres baraques : le mouvement des internés volontaires est né. Une fois dans le camp, il est plus facile de soigner mais, surtout, de faire sortir ces prisonniers. Débordées, les associations font appel à des réseaux extérieurs et aux autorités religieuses, d’abord protestantes, pour relayer leur action.
Les terribles rafles de l’été 1942 précipitent tout. Pour la première fois, une partie de l’Eglise catholique se dresse ouvertement contre les persécutions de Juifs et appelle à l’entraide. Ainsi soutenu, le sauvetage massif peut commencer. Dans les camps ou dans les centres de triage, les enfants sont les plus faciles à sauver. Mais il existe une stratégie pour chaque groupe d’individus. Blessures de guerre, nationalités protégées, décorations militaires, risques sanitaires ou de contagion... Fausses ou réelles, ces raisons invoquées permettent d’exfiltrer des milliers de personnes en s’appuyant parfois sur la complicité de hauts fonctionnaires opposés à Pétain. Disséminés ensuite dans la France profonde, protégés par la complicité ou le silence de la population, 250 000 Juifs ne seront pas déportés.
"Il y a une modification symbolique du statut du Juif dans l’opinion moyenne, tenu jusqu’ici, à tort, pour responsable de la défaite de la France. Et puis, au moment des rafles, le Juif devient une victime. Or, le Juif victime, c’est souvent un voisin. Un transfert complet s’opère : le Juif retrouve l’humanité que les préjugés lui avaient soustraite."
Pierre Laborie, Directeur de recherches à l’EHESS.
"Pourquoi ça a marché ? Parce qu’il y a une banalité du bien, qui fait pendant à la banalité du mal avancée par Hannah Arendt. Tous ces sauveteurs sont des gens très ordinaires qui ont accepté, à un moment donné, d’avoir cette démarche d’accueil vis-à-vis d’un enfant, d’une famille... Peut-être sont-ils presque gênés de se voir installés sur un piédestal car ils n’ont, comme ils disent, précisément fait que leur devoir."
Jacques Sémelin, Directeur de recherches CERI-CNRS.
LISTE ARTISTIQUE
Auteur : Christophe NICK Réalisateurs : Christophe NICK et Patricia BODET Producteurs : Emmanuel GIRAUD et Christophe NICK Consultants historiques : Pierre LABORIE, Jacques SEMELIN avec l’aimable participation de Denis PESCHANSKI et Serge KLARSFELD Chef opérateur : Christophe MICHELET
Ingénieurs du son : Julien CHAUMAT et Michel ADAMIK Montage : Claude TRINQUESSE Montage archives : Christophe BOUQUET Documentalistes : Christine LOISEAU et Anne CONNAN Directeur de production : François DROUOT